Le double projet éditorial des « Meubles Célio »

« Cécile, t’as pas mis toutes mes photos dans le livre ! » me dit Michel hier soir au téléphone.

Cruel choix que celui du tri des images et des informations : le travail historique consiste à trier les informations, à les étayer et si elles ne sont pas vérifiées à les mettre de côté (c’est-à-dire ne pas les mentionner). Ces informations sont issues des interviews et des archives écrites ou iconographiques. Une photo non identifiée, non datée reste anonyme, donc malheureusement à écarter. Pour faire simple, j’amasse un maximum d’ informations que je passe au crible ensuite. Ressortent de ce tamisage les infos vérifiées et qui servent mon propos.

Avec Les Meubles Célio, pas besoin de durcir la sélection, Alain Liault a décidé de faire deux livres. Cet élégant livre blanc de 208 pages m’a épargné l’étape crève-cœur d’éliminer une photo sur dix (ce doit être globalement le ratio toutes époques confondues).

Il est le pendant du livre noir « Meubles Célio, notre histoire ». L’entreprise bénéficie donc de deux livres à destination de lecteurs différents, le grand public pour la version noire et la famille pour la version blanche. Un projet complètement atypique que je vous raconte.

Le double projet éditorial, un livre noir grand public et un livre blanc pour la famille

C’est à l’occasion de la présentation de la charte graphique que tout s’est joué au sujet du projet éditorial. Je suis accompagnée du photographe Éric Chauvet et de la graphiste Géraldine Duranceau. L’objectif de la réunion, valider le style de la mise en page, l’ambiance générale du livre. Mon travail de tamis n’étant pas terminé, nous avions décidé de présenter des pages avec des photos collectées à droite à gauche et un texte écrit à la hâte pour éviter le fameux « blablablabla » de  faux texte ou de phrases en latin. Dans le lot de photos, certaines présentaient la famille du fondateur, des photos scolaires tandis que d’autres évoquaient l’enfance, le travaux agricoles et son apprentissage.

La question du tri des informations s’est vite posée . Lesquelles mettre, lesquelles évincer ? Où mettre le curseur entre la sphère privée et la sphère publique ? L’enfance, le parcours socio-économique de la famille du fondateur sont-ils des éléments à dévoiler ? Le veut-on ? Jusqu’où se dévoiler vis-à-vis du lecteur ?

Face à ce flot légitime de questions, le photographe tout sourire proposa avec sa désinvolture habituelle : « Pourquoi ne pas faire deux livres ? Un « public » et un « privé » à destination de la famille ? » Alain Liault valide sur le champ cette bonne idée . Wow, quelle heureuse décision : si une image, un document ou une info n’a pas sa place dans le premier livre, je lui en trouverai une dans le second. Il faut bien avouer que mettre de côté une belle image sous prétexte qu’elle ne cadre pas avec le projet éditorial m’est pénible. Je suis repartie le cerveau en ébullition : garder l’objectif d’une lecture grand public pour le livre noir et approfondir l’histoire familiale pour le blanc (on ne savait pas à ce moment-là qu’il serait blanc…). Ce double projet m’a fait passer mon temps à trier, classer et, quelle joie, garder un maximum d’informations.

C’est pendant la période du confinement, dès mars 2020, que j’ai creusé la généalogie et les différents parcours de guerre de la famille du fondateur et de son épouse. En Deux-Sèvres, le site en ligne des archives départementales permet des recherches jusqu’en 1912. L’état civil n’est pas numérisé après cette date, il faut se rendre en mairie. Je profite de cet article pour remercier tous les membres de la famille Liault et Coudreau qui ont gentiment répondu à mes questions, qui m’ont aidée dans les arbres généalogiques et envoyé les photos anciennes.

Ces deux livres se complètent à merveille, c’est une grande première en bientôt 15 ans d’activité. Depuis 2006, je suis attachée au principe du projet sur-mesure, cousu main pour l’entreprise qui fait appel à mes services. A chaque début de mission, je n’ai aucune idée du livre final, ça fiche un peu la trouille mais c’est tellement plus enthousiasmant.

L’ entente avec le chef d’entreprise et les personnes désignées pour la relecture m’est essentielle. On ne fait rien sans confiance : merci Alain Liault et Christine Compagnon 🙂

Crédits du livre :

Recherches, interviews, écriture, chef de projet : Cécile Girardin

Photographie : Éric Chauvet

Retouche photographique et graphisme : Agence 1D2, Florent Dauger et Géraldine Duranceau

Impression : imprimerie Les Hauts de Vilaine

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