À La Chapelle Saint-Laurent, Deux-Sèvres

J’ai commencé ma mission d’historien auprès des Meubles Célio en octobre 2019. Je la terminerai en juillet 2020 à la remise du livre.

Le dirigeant des Meubles Célio, Alain Liault est le fils du fondateur, Claude Liault, 91 ans.

Il me dit, « mes parents sont toujours vivants, j’ai envie de leur offrir le livre sur l’histoire de leur entreprise. Mon fils Thomas m’a rejoint depuis peu dans l’entreprise, c’est le moment d’écrire !  »

Ici, dans ce coin des Deux-Sèvres, il faut être clair et réactif, aller droit au but. Pourtant, on ne perd pas une occasion d’accueillir, de sourire et de prendre de vos nouvelles. L’écriture future pourrait-elle être autre chose que sans détour, vive tout en étant chaleureuse ? Le poids des mots, le choc des photos, m’avait lancé Alain Liault lors d’une réunion. Le style de l’agenda n’est-il pas une belle réponse littéraire à explorer ? C’est ainsi qu’est née dans mon esprit l’idée d’un journal d’entreprise tenu par les trois générations, du grand-père au petit-fils. L’avantage était de créer de la proximité avec le lecteur auprès de qui mes trois « personnages » se confient sur leur vie d’entrepreneur. L’utilisation du « Je », une grande première pour moi, qui m’a demandé de réussir à me mettre dans la peau de ces trois hommes.

Ce livre sur Les Meubles Célio est un agenda fictif, il n’a jamais été écrit et transmis de père en fils. Il est une œuvre de l’esprit. Cela dit, les événements, commentaires, sentiments sont authentiques si bien que ce livre tend vers une biographie d’entreprise, vivante et attachante.

En janvier 2020, Alain Liault et moi avons l'idée de réunir ses parents et son fils dans l'atelier où Claude a appris le métier comme apprenti en 1942.
Claude et Micheline Liault, Alain Liault et Thomas Liault à Clessé – 79 – dans l’ancien atelier de menuiserie où Claude a été apprenti de 1942 – 1946.

Comme pour tous mes livres, je suis étonnée par la façon dont mon métier me donne accès à la connaissance d’une entreprise. Les Meubles Célio m’était anonyme, je ne connaissais pas cette société. Travailler sur l’histoire d’une structure est entrer dans sa mémoire et son intimité. Je considère que me laisser accès aux archives est un acte fort de confiance.

Pour les Meubles Célio, l’histoire commence en 1952 lorsque le fondateur Claude Liault installe sa menuiserie-ébénisterie aux « quatre routes », commune de La Chapelle Saint-Laurent. Il « fait de tout et de rien » à une époque où les pompes funèbres n’existant pas, il fabrique les cercueils sur commande, à livrer souvent pour le soir-même. Les années 60 donne un coup de fouet à son entreprise, les commandes affluent, les couples et les familles s’équipent. Claude Liault se détache facilement de son identité d’artisan pour évoluer vers celle d’industriel mue par sa fascination pour la vitesse et la mécanique qui lui permet de démultiplier des meubles.

En 1982, Alain Liault rejoint son père puis rachète l’entreprise en 1990. Il prend alors le virage du « dressing » et de la communication. Vous souvenez-vous de cette publicité avec l’homme qui avance à pas feutré dans la chambre sans vouloir réveiller sa compagne ? C’est Célio.

En septembre 2017, Thomas Liault fait son entrée dans l’entreprise. Je suis prêt. Je me donne l’obligation d’essayer et le droit d’échouer. L’accueil des salariés est chaleureux. J’en connais plusieurs car certains m’ont vu grandir, quand, enfant, j’assistais aux anniversaires d’entreprise, puis quand, adolescent et maladroit, je me blessais au montage des porte-pantalons. À peine arrivé, je décolle pour le salon de Shanghai. C’est la méthode Célio, directement dans le bain sur un champ de compétence inconnu.

Alain Liault et son fils Thomas entré dans l’entreprise en 2017

Voici le livre distribué à tous les salariés,aux partenaires de l’entreprise et à la famille.

Le 11 septembre 2020, Alain Liault a remis le livre à tous ceux que j’avais interviewés. L’occasion d’une belle soirée à l’ambiance festive et amicale. Merci à toutes ces personnes pour les morceaux de mémoire confiés lors des interviews.

Crédits du livre : Éric Chauvet, photographe, Géraldine Duranceau graphiste, Florent Dauger, retoucheur photos de l’agence 1D2. Imprimerie des hauts de Vilaine, France.

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