L’écriture côté méthodo

J’ai affiné ma méthode d’élaboration des livres au fil des années. Quand j’ai commencé en 2010, elle n’était pas au point et je passais beaucoup de temps à faire mes recherches, les interviews et à écrire. Aujourd’hui, je vais pratiquement deux fois plus vite pour un résultat qui me paraît meilleur. Du coup, à chaque livre, je déroule toujours la même démarche.

Je travaille en immersion : j’aime passer du temps dans l’entreprise avec le personnel.

Le chef d’entreprise me fait visiter les lieux, me présente à ses équipes. Il est nécessaire que je sois repérée comme l’auteur du futur livre par tout le monde pour que chacun s’approprie le projet et accepte d’y participer. En effet, certains d’entre eux seront sollicités pour venir témoigner, m’expliquer leur métier et raconter leur vision de l’histoire. Les autres bien sûr peuvent venir me voir, mais il est rare qu’ils fassent la démarche. C’est même jamais arrivé !

J’ai scindé la phase d’interview en deux. La première vague d’entretiens concerne les personnes qui ont une mémoire globale de l’entreprise. Je parle ainsi avec le chef d’entreprise et avec des salariés qui sont en poste depuis longtemps. Avec eux, je dessine les grandes lignes du développement, perçois les enjeux et comprend l’activité. Je ne vais pas plus loin que cette sorte d’ébauche, je ne veux pas m’embrouiller dans les détails.

Je dépouille ensuite les archives. Je commence par lire les documents les plus anciens et les recale dans la chronologie que j’ai établi lors de mes premiers interviews.

En fonction de l’âge de l’entreprise, de la quantité de documents, je peux passer jusqu’à deux mois de dépouillement. C’est une phase très importante qui demande un travail méthodique et sérieux. Ma hantise : saisir une information et oublier de noter la source. La retrouver après coup s’apparente à chercher une aiguille dans une botte de foin !

J’engage ensuite la deuxième phase d’interview. Pour que je puisse écrire, il faut beaucoup me parler. Je reçois ainsi jusqu’à une vingtaine de salariés, parfois pendant deux heures. Et c’est super enrichissant pour moi.

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L’appli indispensable dans mon téléphone.
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Toujours se mettre en mode « avion » sinon chaque appel et SMS coupent l’enregistrement.

J’enregistre les conversations que je réécoute et je réécris mot pour mot les questions/réponses. C’est long et fastidieux, mais cela me permet de fonder la future écriture sur une base solide de documents. Avoir le dictaphone qui tourne est très sécurisant car je sais que je ne perds aucune information.

 

 

En entretien, il m’arrive de prendre des notes sur mon carnet. Je me suis rendue compte que je ne les relisais pas et qu’elle me servait davantage à rassurer la personne en face de moi. Ne rien noter laisserait supposer qu’elle ne dit rien d’intéressant ! Alors j’écris quelques mots clefs, quelques dates.

Une fois les interviews terminées, arrive le moment flippant du plan. Comment organiser toutes ces informations ?

J’ai l’impression d’avoir le monde de mon client en tête et c’est bon signe : je suis prête à écrire. Je me raconte tout bas l’histoire de l’entreprise jusqu’à ce qu’elle ne bloque plus, qu’elle soit limpide et dynamique.

Pour cela, dégager la problématique est indispensable. C’est comme si l’entreprise me posait mille et une questions et que je devais trouver celle qui va englober toutes les autres. C’est parfois le brouillard total et c’est angoissant. Pour m’épargner ces moments désagréables, j’entame ce travail de réflexion dès le début de ma mission. Un bon truc aussi : je note toujours mes premières impressions. Elles sont très souvent signifiantes.

Je fais ensuite valider le plan à mon client ainsi que la tonalité de l’écriture. Et, c’est parti pour un long tunnel.

Quinze jours, trois semaines, mon bouquin et moi, à ne plus nous quitter. Pas toujours facile pour mon entourage. Enfin, cela dépend si l’écriture se passe bien ou non.  Au bout de dix années, je réussis quand même à canaliser mon stress et ma mauvaise humeur…

Il n’y a que le moment où je délivre le manuscrit qui reste encore difficile pour moi. Le comité de relecture (le chef d’entreprise et deux ou trois autres personnes proches de lui) va me lire ! Wow ! Là, je suis en alerte rouge. D’ailleurs, je préviens : je peux être susceptible, faites gaffe. Franchement, trois semaines dans un tunnel pour après s’entendre peut-être dire « ouais, c’est pas mal »… euh non, non, prière de reformuler svp… bon j’ai une tonne d’anecdotes sur ce moment-là, j’en ferai un article tiens… Forcément sur une cinquantaine de pages Word, j’ai de la réécriture, mais de moins en moins.

Après le texte (et les iconographies) validé, on passe à la mise en page. Une étape hyper importante car le plaisir de la lecture est aussi lié à la qualité du graphisme.

 

 

 

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