Un livre sur le beurre et les yaourts de Pamplie

Entre 2016 et 2017, j’ai passé plus de six mois avec toute l’équipe de la laiterie coopérative de Pamplie. Elle est située en Gâtine, dans les Deux-Sèvres, dans la sympathique rue du Chêne Casse-Tête.

pamplie, p6-7

Pamplie, Pamplie, l’univers de ton beurre me tendait les bras. Je m’attendais à une douceur que m’inspiraient sa jolie couleur jaune et son goût savoureux. En poussant les portes de la laiterie, j’ai vite été sortie de mes rêveries par la nerveuse agitation qui y régnait. Charlotte vissée sur la tête et blouse flottante sur moi, j’ai visité la laiterie avec son directeur, Daniel Arlot. Comme souvent, j’ai eu du mal à suivre les explications pointues et techniques,  sur la température du lait, la maturation des crèmes, le barattage… Moi qui venais d’écrire un livre sur les brosses industrielles pour balayeuses urbaines, j’avais du mal à m’y retrouver. Un casse-tête en effet ce circuit du lait.

Rester calme et ne pas paniquer face à la somme d’informations ! Allons voir du côté des archives ce qu’elles me racontent. Daniel Arlot grimpe sur son manitou et me descend deux palettes de boîtes à archives.

 

LaVache
La petite vache noire et blanche, symbole de l’appellation   « Charentes-Poitou »

Les plus vieux documents remontent à 1905, date de la création de la laiterie. Je reprends du poil de la bête.

Je passerai plusieurs mois à tout lire et à bien comprendre le fonctionnement d’une laiterie de campagne quand le téléphone, l’électricité (et Internet) n’existaient pas. Ramassage du lait à dos de mulet ou de jument, livraison du beurre jusqu’à la gare à cheval (deux heures de trajet aller), paye du lait en pièces et billets convoyés depuis Niort en train par le commis de la banque, commande du charbon pour la chaudière, rendez-vous donnés sur le champ de foire. J’avais suffisamment d’informations pertinentes pour raconter ce temps lent et long dans les premières pages du livre. J’ai été aidée par quatre cahiers regroupant tous les carbones des lettres envoyées par le directeur de l’époque, Maximin Olivier. Avec ses courriers, nous traversons la Première Guerre mondiale : mobilisation, rationnement, pénurie, désorganisation totale de la production.

pamplieinternet002Entre nous, j’ai passé quinze jours à déchiffrer l’écriture du responsable à moitié effacée par le temps, à abîmer mes yeux jusqu’à tard dans la nuit. Mais, quel plaisir de le lire, de me retrouver en 1913 et d’imaginer le quotidien.

 

J’ai lu ses lettres comme un roman. Mon grand regret est de n’avoir retrouvé aucune trace d’archives sur cet homme, mort jeune subitement quelques mois après son mariage, sans aucune descendance. Dans le village, personne n’a jamais entendu parler de la famille Olivier.

 

Pamplie était une petite laiterie de campagne comme les autres, sans doute même plus pauvre, moins bien équipée, mais qui survit grâce à la détermination et l’engagement de ses coopérateurs et salariés. J’ai intitulé le chapitre 3 « L’essor de la petite laiterie, sauvée trois fois » car après la Seconde Guerre mondiale, elle doit revoir son organisation interne, ne pas exploser face à la mutation agricole des années soixante et se moderniser.

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Elle réussira ces trois paris tandis que les laiteries voisines fermeront leurs portes.

Les administrateurs apposeront sur l’emballage  l’AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) en 1979. Une prestigieuse certification qui place la laiterie sur les rails de la qualité. Avec ce label, c’est la mémoire de l’ensemble du personnel, administrateurs et sociétaires qui est honorée. La coopérative est reconnue comme détentrice d’un patrimoine culinaire, transmis de génération en génération depuis 1905. Il deviendra le beurre favori des pâtissiers et cuisiniers.

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Joël Robuchon a choisi le beurre de Pamplie pour ses restaurants et ses écoles à travers le monde.
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La laiterie de Pamplie est « producteur artisan de qualité » au Collège Culinaire France.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2017, la laiterie fabrique toujours du beurre et lance une gamme de yaourts et bientôt de fromage blanc.

 

C’est le responsable d’usine, Jean-Paul Guérin qui m’accueille, en juin 2017, avec l’imprimeur pour récupérer les mille livres. L’équipe m’invite ensuite à fêter la sortie du livre avec celles et ceux qui m’ont aidée à l’écrire. Un grand merci à eux et à l’ensemble de sociétaires.

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J’ai passé un excellent moment avec ce client et, bien entendu, je ne mange que du beurre et des yaourts de Pamplie, cela va de soi.

Ce livre est en vente au prix de 25 euros. Il faut s’adresser directement à la laiterie de Pamplie.

Téléphone : 05 49 25 81 82

 

Crédits livre : Cécile Girardin, auteur et directeur artistique, Éric Chauvet, photographe, Astrid Moriset, graphiste, Imprimerie Nouvelle Angevin, assemblé à la société Solif.

Tirage : 1000 exemplaires

 

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